Une formule exclusive pour un spectacle jamais vu !

CIMG0117Guichet fermé vendredi 18 mars au Comedy Palace, où les comédiens venus des troupes art-scène et givrée proposaient une joute d’un genre inédit : le grand Défi. Une formule vitaminée et pleine de surprises, où chacun des 6 joueurs à tour de rôle était invité à proposer à ses acolytes d’un soir un challenge improvistique de son cru.

Défis fous pour comédiens vicieux

Alex donne d’emblée le ton (et le tournis à la salle !), avec une catégorie « personnages tournants » ou les comédiens échangent leurs rôles – et leur handicap ! – à chaque coup de sifflet. A peine le temps de pousser la « chansonnette » proposée par Simon, que Tanguy lance une catégorie inventée très remarquée, baptisée « Babylone » : les comédiens n’ont pas la possibilité de prononcer de paroles intelligibles, mais doivent tous avoir été capables pendant le temps de la scène, de faire comprendre aux autres la situation dans laquelle ils sont et l’objectif qu’ils poursuivent. Autour d’une voiture, on peut alors admirer les stratégies d’un Thomas passablement imbibé, recherchant l’âme soeur et jetant son dévolu sur Carole, elle-même plutôt préoccupée de trouver du travail pour nourrir sa famille. Tandis qu’Alex, clopinant jusque sous les roues de la voiture, n’a subitement plus besoin de son RV ostéo, Yannick a bien du mal à se procurer le lait nécessaire à ses jumeaux de 6 semaines… qu’il finit par parquer dans le coffre – on est quand même plus à l’aise comme ça ! Au final, pari réussi pour tous… sauf peut-être Simon, qui aura bien du mal, sans les mots, à imposer son impératif de « rejoindre sa sœur à Edimbourg ».

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« Carré américain »

Pas le temps de reprendre son souffle que Yannick fige le public en annonçant un défi de haute voltige : deux catégories en une pour un « carré hollandais » ET « doublage américain » : Tous les dialogues sont assurés par deux improvisateurs accroupis en bord de scène, pour les deux comédiens placés face à la salle, tandis que le 5ième stationne dans le fond, en réserve. Mais il ne va pas longtemps rester sans rien faire, puisqu’à chaque coup de sifflet de Yannick, tous les joueurs permutent d’une place, dans un sens ou dans l’autre. On passe ainsi d’une histoire de fée clochette d’humeur volatile, à un pari ruineux pour deux footeux du canapé, en passant par des calembours sur fond de science, pour nous prouver qu’on peut très bien faire rimer mathématiques et zygomatiques ! Au final, 5 improvisations duos différentes, 5 histoires à incarner pour chaque comédien, et une catégorie plus qu’acrobatique, menée avec brio par 5 improvisateurs sur-stimulés !

Puis Thomas calme un peu le rythme avec une « roman photo » ou Alex prend la bulle, et Carole enchaine avec une « impro dont vous êtes le héros » très enlevée, où il nous paraît soudain complètement logique que l’armée gère une salle de fitness dans laquelle les conscrits sont sommés de préparer des sushis à vitesse grand v pour l’arrivée des troupes américaines. Avant que la découverte d’un bazooka ne permette de solutionner temporairement le problème en réduisant le haut commandement en sushis – pardon en sashimis ! – et qu’il ne faille finalement faire face à une visite d’extra-terrestres potentiellement hostiles, que l’on espère dès lors amateurs de compote à la vanille…

Enfin Jeff, MC du soir, clôt la première manche avec une belle « zapping télé » qui permet aux improvisateurs de faire vivre une chaine de tradition canadienne, une éducative d’Afrique noire et une de culture brésilienne.

Pendant l’entracte, les spectateurs ont été invités à déposer dans le gobelet-comédien de leur choix le jeton qui leur a été remis.

Tribunal des flagrants délires

La deuxième partie s’ouvre sur la « finish the line » de Yannick. Les deux spectateurs invités à finir les phrases des joueurs sont en grande forme et ça tombe bien pour l’histoire, qui s’envole… à l’unisson du chouchou de la classe, glissant dans le vomis tout frais de sa malheureuse camarade. Pas rancunier, l’élève zélé ira même lui extirper à la main le préservatif malencontreusement coincé au fond de son œsophage.

Vient ensuite le temps du « tribunal » d’Alex, où il est question de savoir s’il convient de condamner un enfant sorti du public, parce qu’il « aime la fourrure synthétique imitation panthère ». Après les plaidoiries, les témoins ne veulent plus quitter la barre, à l’image de Simon, professeur émérite en junglerie, qui a à cœur de faire jaillir la vérité certes … mais aussi de booster les ventes de son dernier livre ! C’est Simon justement qui propose le défi suivant, laissant la plus grande liberté aux improvisateurs… à condition toutefois de ponctuer chaque réplique… d’une baffe bien sentie ! Dans cette situation, les oreilles de lapin d’Alex sont magnifiques, mais la privent de ses bras, et les baffes deviennent… chorégraphiques ! Puis Carole prend la suite pour transformer tout le monde en « animal » à faire deviner aux autres comédiens. C’est ainsi qu’un splendide étalon propose des chevauchées dans la voiture à une coquine poulette… qui distribue compulsivement des irish coffees pour calmer l’atmosphère et endormir les soupçons d’un mari-crocodile peu amène, revenu à l’improviste. Attention dès lors à l’avocat de la défense ou à la girafe au bras long pour l’issue de l’histoire…

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Contrefaçon

Dans la « conte moyen oriental » de Thomas, cherchez l’erreur, la boutique est tenue par un chinois qui ne vend que du « la même chose mais moins cher », de Chonel à Adidos, et oublie au passage de se faire payer. Heureusement pour la happy end, surgit un génie – très disputé par les protagonistes – qui devient lui-même l’homme idéal du 3ème vœu formulé par la belle Carole. La ronde des défis individuels se conclut sur une « rimée avec contraintes » orchestrée par Tanguy, qui impose la suppression des R, un phrasé suraigu ou l’hégémonie de la voyelle « i ».

La soirée s’achève sur une délicieuse « burger quizz », où les deux improvisateurs préférés du public, choisis à la mitan, ont mission d’intégrer à leur histoire les multiples perturbations lancées par 4 jouteurs particulièrement inspirés : au milieu de la scène de jeu télévisé, se déploient en effet des agents immobiliers, des entrecôtes fumantes, des manifestants engagés, des chorégraphies improbables… sans renoncer à la tentation d’envoyer aussi chansonnettes ras-des-pâquerettes et tartes à la crème en pleine poire…

Au final, une soirée haute en couleurs, conduite par une formule sans précédent qui choisissait de s’appuyer sur la personnalité et la créativité de ses protagonistes : à en croire les sourires des spectateurs à la sortie du show, la recette était osée… elle fut payante !

Prochain rendez-vous samedi le 2 avril, MJC Chateauvert à Valence pour un match inter-Givrés ! Et n’oubliez pas : l’anniversaire des 10 ans approche !